Le temps qui reste - François Ozon - 2005

Le cinéma, c'est encore mieux quand on y va souvent.
De François Ozon, j'ai déjà vu Swimming-Pool et 5 femmes. Deux genres différents, pas encore déçu. Alors, pourquoi ne pas aller voir ce que donne "Le temps qui reste" ?
Là, c'est l'histoire de Romain, un photographe de mode qui découvre qu'une grave tumeur lui ronge les intestins et que le temps qui lui reste est de 1 à 3 mois. Il décide de ne pas suivre de cure intense, le médecin lui indiquant que même avec un traitement de cheval, à moins d'un miracle, n'aurait que peu d'effets positifs.
Romain est une personne pas foncièrement mauvaise, mais n'ayant pas appris à communiquer, et renfermée sur elle-même, et probablement égocentrique.
Il va passer ce sursis d'une façon particulière, et en quelque sorte, va s'ouvrir à la vie, en "donnant" à sa manière.
En fait, l'une des questions "superficielles" qui se pose au début du film, en tout cas, à moi, c'est : va-t-il en parler à ses parents ? Je ne vous donnerais pas la réponse, ça casserait une partie de l'effet du film, crois-je.
Ce que je pourrais dire en revanche, c'est qu'on apprend peu à peu à aimer Romain, personnage pourtant plutôt solitaire et peu intéressé par les relations humaines approfondies. Et pourtant, de ce point de vue, le personnage ne va pas évoluer. Ce qui est important, c'est la façon dont il s'ouvre aux autres, sa façon à lui de s'ouvrir, devrait-on dire.
La maladie en elle-même est un prétexte, de même que son homosexualité (oui il est homo, je ne vous l'avais pas dit ?), le cancer étant finalement assez discret tout au long du film dans ces manifestations les plus violentes. Même si on le voit maigrir et s'affaiblir, je crois qu'Ozon veut en quelque sorte nous montrer le parcours initiatique de Romain.
Le film est bien. Ozon, continue à garder une part de provocation, puisque je ne crois pas avoir déjà vu une scène de sexe homosexuelle aussi explicite (attention, il ne s'agit pas de X, cependant). J'aime bien cette histoire, même si je ne comprends pas vraiment les choix de Romain, dois-je dire. Je trouve qu'Ozon filme de façon à la fois crue, et esthétique. Il s'agit d'un peu plus que d'un simple film d'auteur, comme d'hab avec Ozon.
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